Nature et problématique Que faire ?


Nature et problématique

Nature de la lombalgieNature
  1. Le cerveau organise toute activité, toute action selon des "schémas moteurs", activés de façon inconsciente.
  2. Pour aller ramasser une balle par terre, le cerveau peut décider soit de plier les jambes, soit d'abaisser le tronc à l'horizontale, soit encore de shooter en l'air et de rattraper la balle quand elle retombe. Le cerveau d'un footballeur par exemple privilégiera sûrement la troisième possibilité.
  3. Ces schémas moteurs résultent de notre expérimentation, depuis les premiers jours de notre naissance. Une partie d'entre eux font partie de l'instinct, hérité des générations précédentes pour survivre aux prédateurs dès sa naissance.

Intérêt des schémas moteursIntérêt des schémas moteurs
  1. Les schémas moteurs permettent de disposer d’automatismes face à une situation. Ainsi, pour lacer ses chaussures, manger sa soupe ou marcher dans la rue, pas besoin de réfléchir…

Intérêt de la variété des schémas moteursIntérêt de la variété des schémas moteurs
  1. Disposer de plusieurs schémas moteurs pour accomplir une même tâche permet de se sortir d’une impasse lors de l’application d’un de ces schémas.
  2. Par exemple, vous essayez de déplacer un meuble en le soulevant mais il est trop lourd, vous essayez de le tirer, il est toujours trop lourd, vous essayez de le pousser avec les bras, il est toujours trop lourd, vous le poussez avec les jambes en collant votre dos contre le meuble… Vous avez essayé 4 schémas moteurs pour accomplir cette tâche.
  3. Sans variété, en cas d’échec, on reproduit le même geste pour produire le même échec.

Effets de la sédentaritéEffets de la sédentarité
  1. La sédentarité amène un double appauvrissement des schémas moteurs : en qualité et en quantité.
  2. Appauvrissement quantitatif : moins on a d'activité physique, moins on a besoin de schémas moteurs. Même si les schémas ne sont pas très efficaces, comme on les utilise peu, on s’en satisfait.
  3. Appauvrissement qualitatif : de nombreuses parties du corps (jambes et dorsaux notamment) sont peu utilisées et se raidissent. Les schémas moteurs utilisent de moins en moins de parties de corps. Les lombaires qui restent la partie de la colonne la plus mobile sont donc sur-sollicitées.

Effets de la douleurEffets de la douleur
  1. Le patient lombalgique s’impose souvent l'abandon de certains mouvements, parce qu'ils sont douloureux, parce qu’il a peur qu'ils soient douloureux, par crainte plus globalement de "s'abîmer" le dos.
  2. Certaines activités sont éliminées : footing, port d'objet...), ainsi que les schémas moteurs qui y étaient liés.
  3. Peu de schémas moteurs subsistent. Ceux qui restent sollicitent fortement les zones encore mobiles. Le "blocage", du tronc par exemple, aggrave la sollicitation de la charnière tronc - bassin, à savoir les lombaires.
  4. Tout se passe comme dans une équipe de football, seules deux joueurs courent. Comme ils courent pour les neuf autres, ils s'épuisent vite. L'un a mal et s'arrête. Le dernier court donc pour toute une équipe...

Effets de l'entourage en cas de lombalgieEffets de l'entourage (en cas de lombalgie)
  1. Dès qu'une personne est atteinte de lombalgie, son entourage a souvent tendance à le préserver.
  2. Cette tendance a souvent des effets pervers : l'entourage décourage de tout effort et pousse à l'acceptation d'un handicap croissant. Les réflexions du genre : "laisse, tu vas te faire mal au dos" sont très inhibitrices. Au moment où le lombalgique doit lutter pour ne pas tomber dans le handicap prolongé, elles poussent au renoncement.
  3. L'entourage diminue ainsi les schémas moteurs, en décourageant certaines activités et certains mouvements (notamment ceux qui font travailler le dos).

Conséquences de la lombalgieConséquences
  1. La conjonction de ces éléments (sédentarité, douleur et entourage) amène le patient lombalgique à réduire la variété de ses schémas moteurs.
  2. Confronté à une difficulté lors d’un mouvement, il est souvent en position d’impasse qui aboutit au renoncement.
  3. Progressivement, la sédentarité s’accentue, ainsi que le renoncement à certaines activités physiques et sociales, menant au repli sur soi, ce qui aggrave la lombalgie.
  4. Mais ceci n’est pas une fatalité et peut être combattu, et évité.


Que faire ?

Que faire en cas de lombalgie - principePrincipe
  1. Tout le monde utilise peu de schémas moteurs. La lombalgie amène à diminuer encore ce nombre à cause de la douleur ou de la peur de la douleur.
  2. Pour augmenter le nombre de schémas moteurs utilisés, on doit atteindre trois objectifs :
    • se persuader de la variété des schémas moteurs possibles,
    • savoir trouver des schémas moteurs,
    • savoir contrôler et diriger sa réaction dans les situations de difficultés.

Entraînement : explorer la variétéEntraînement : explorer la variété
  1. Cette première phase d’entraînement consiste à rechercher pour une action définie le maximum de schémas moteurs possibles.
  2. Elle permet de développer :
    • la conviction qu’une alternative existe toujours,
    • la créativité dans la recherche de schémas moteurs,
    • des techniques simples pour trouver rapidement une alternative à un schéma moteur.
  3. Modalités : Pour chacune des 5 actions du tableau ci-contre, trouvez au moins 4 schémas moteurs différents.

Entraînement : se confronter à l’impasseEntraînement : se confronter à l’impasse
  1. Cette deuxième phase d’entraînement consiste à se mettre dans une situation d’impasse et à chercher des issues possibles.
  2. Elle permet de :
    • développer l’aptitude à se sortir d’une impasse,
    • diminuer le stress en cas d’impasse,
    • diminuer l’anxiété face à une action à entreprendre grâce à la conviction qu’on pourra toujours y arriver, d’une façon ou d’une autre.
  3. Modalités : Essayez de vous rappeler d’une ou plusieurs situations dans lesquelles vous aviez dû renoncer à ce que vous vouliez faire à cause de la douleur (ou de la peur de vous faire mal). Remettez-vous dans cette situation.
  4. Trouvez au moins 4 schémas moteurs permettant d’accomplir l’action désirée. Si l’un de ces schémas moteurs permet de réaliser cette action sans douleur excessive, c’est qu’il y avait une solution à cette impasse. Sinon, essayer avec d’autres impasses ou refaites l’exercice d’exploration de la variété. Puis reprenez cet exercice, vous devriez trouver une solution.

Réagir face à une impasseRéagir face à une impasse
  1. Face à une impasse, vous pouvez appliquer ce pourquoi vous vous êtes entraîné.
  2. Au lieu de renoncer, recherchez d’autres schémas moteurs pour accomplir la tâche désirée. Testez-les. Si l’un d’entre eux fonctionne, vous aurez réussi à adapter votre comportement à votre situation, sans renoncement. Vous pourrez ainsi maintenir la même activité physique et sociale, prendre confiance en vous et diminuer anxiété et stress à l’idée d’être tenu en échec.